La communication a toujours été, est et sera toujours un échange de signaux entre un émetteur et un récepteur. Afin d'avoir les idées claires sur ce que nous allons aborder, décomposons les différentes étapes de la communication. Le meilleur modèle que nous allons prendre est l'homme qui l'utilise depuis fort longtemps.
Première étape : prenons un homme, bien rasé de préférence, propre et prêt à se rendre au travail. Justement il a un mot à dire à sa femme avant de partir. C'est l'information à transmettre.
Deuxième étape : comment la transmettre. Si elle est là, il crie (bon, il parle), sinon il écrit le message sur un bout de papier. Notre homme est donc capable (voyez-vous ça, il est à peine 7h30 du matin !) de coder son information en fonction de la manière dont il transmet son message.
Pour communiquer, nous utilisons des éléments de base dont l'ensemble forme l'alphabet. Une succession de ces éléments définit un vocabulaire. En fait il s'agit ni plus ni moins que d'un code, complexe certes, mais compréhensible par tous ceux qui l'adoptent. Moins il est ambigu, plus il est précis. (Vous pouvez essayer de donner trois sens différents à cette phrase pour comprendre que notre langue est parfois ambiguë : il est énormément bête .) Pour s'exprimer, il est ensuite capable de découper une suite de mots (éléments continus) en phonèmes (éléments discontinus), que le récepteur saura réassembler.
En informatique, l'information de base est binaire, donc codée sur deux valeurs logiques que l'on note habituellement 0 et 1. C'est le code sans doute le plus élémentaire qui soit. Aussi il existe un certain nombre de codes intermédiaires. Nous citerons par exemple le code ASCII, permettant de coder les lettres et chiffres.
Troisième étape : sa femme découvre le message (ou l'entend). Elle est capable de le reconstituer. Les lettres (respectivement les phonèmes) forment des mots qui forment des phrases qui forment le message. Ouf ! On y est.
Découpage horizontal. La communication n'est possible que s'il existe un code commun. À tout niveau il faut s'assurer non seulement que le code employé a un sens, mais en plus qu'il a le même pour l'émetteur et le récepteur. On parle alors de protocole. Au niveau le plus bas, un signal est utilisé comme un moyen de communication. Il transporte en effet un message sous une forme particulière appelé codage ou modulation. Un signal a une nature physique et un modèle mathématique. Nous nous étendrons davantage sur sa nature que sur le modèle qui, bien qu'intéressant, nous amènerait trop loin. Le signal s'appuie sur un support.
Découpage vertical. De l'idée au code employé : plusieurs niveaux de traitement sont utilisés pour transformer un message complexe en éléments plus simples aptes à être véhiculés et compris par une entité homologue.
Or s'il y a un signal, il faut forcément un support de transmission, permettant de le véhiculer d'un point à un autre. Nous verrons cela un peu plus loin. Celui qui nous intéresse concerne les transmissions téléphoniques.
Voici donc jetées les bases de la communication. Nous allons maintenant éclaircir un peu tout cela dans les différentes parties qui vont suivre. La première étape consiste à consolider les bases sur les signaux, ensuite nous verrons leur transmission.
La voix est un bon exemple de signal permettant de véhiculer une information. Ce signal est caractérisé par sa bande passante, c'est-à-dire le domaine de fréquences sur lequel elle peut s'étendre. En général cette bande est continue et comprise entre 30 et 15000 Hz. Ce signal est de type sinusoïdal.
Sans entrer dans des détails mathématiques, disons qu'un signal est composé d'une fréquence principale et d'harmoniques. Il est possible d'en donner une représentation mathématique grâce aux séries de Fourier, mais nous n'irons pas plus loin. Disons simplement que ce signal est appelé signal "analogique", parce qu'il peut prendre n'importe quelle valeur de façon continue entre deux instants : le signal est "modulé".
Un signal quel qu'il soit, n'a d'intérêt que s'il peut être transporté. Il faut savoir qu'un système de transmission n'est jamais en mesure d'émettre des signaux sans leur faire subir de déformations : selon leur nature, on parle de distorsion, d'affaiblissement, de diaphonie ... Comme nous le verrons plus loin, les lignes téléphoniques ne font pas exception à cette règle.
Chaque type de support est caractérisé entre autres par son aptitude à transmettre un signal plus ou moins fidèlement. De nombreux supports sont utilisés en transmission de données : les supports avec guide physique (câbles, fibres, ...) et les supports sans guide physique (ondes radio, ondes lumineuses). Pour donner une idée, de la qualité des supports, disons que les câbles électriques à paires torsadées sont les moins fiables, suivis par les câbles coaxiaux. Les fibres optiques offrent actuellement le meilleur compromis fiabilité/performance.
C'est un mode de communication utilisé depuis très longtemps notamment dans la technologie téléphonique. Il s'agit en effet d'une activité beaucoup moins consommatrice de ressources, tant financières que technologiques que la transmission numérique. On n'est pas tout à fait prêt à pouvoir s'en passer.
À l'origine, le téléphone a été conçu pour transmettre la voix. Malheureusement, il n'est pas possible, étant donné le support utilisé, de véhiculer le signal complet, c'est-à-dire l'ensemble des fréquences le constituant. Le domaine de fréquences (on parle de largeur de bande) que peuvent transmettre les lignes téléphoniques est officiellement compris entre 300 et 3400 hertz
Les codecs (codeurs-décodeurs) modernes utilisés dans les centraux téléphoniques actuels ont une bande passante de l'ordre de 200 à 3700 Hz et la qualité des lignes des abonnés s'en trouve généralement améliorée.. On applique donc au signal de départ un filtre passe-bande qui restreint l'espace de fréquence attribué à la transmission du signal sur cette liaison. Ceci correspond heureusement à 90% de netteté de la voix.
Selon le principe bien admis que tout traitement a un coût, le plus simple et le moins coûteux en télécommunications est de transmettre le signal avec le moins de transformations possible. C'est bien ce qui se passe pour la voix par téléphone. Les seules transformations sont d'ordre analogique comme l'amplification par exemple.
Nous avons déjà évoqué précédemment que le fonctionnement de nos chers ordinateurs était fondé sur la seule information binaire. Celle-ci est représentée, dès lors qu'il s'agit de la visualiser (oscilloscope) ou de la transporter, par un signal rectangulaire à deux niveaux.
Pour transporter un tel signal, le plus simple et le moins coûteux consiste à lui faire subir le moins de traitement possible, voire à le transporter tel quel. On imagine aisément que pour transmettre ce signal sur un support, il suffise de définir deux signaux électriques représentant les niveaux logiques 0 et 1. De plus ce type de transmission offre des performances considérablement supérieures à la transmission analogique, ceci pour deux raisons.
La première est un faible taux d'erreurs. En effet, alors qu'en transmission numérique, les signaux sont transmis avec des tensions d'amplitude variable, en transmission numérique le nombre de niveaux est limité. Les signaux parasites s'infiltrant dans un signal analogique sont donc très difficiles à supprimer et engendrent des erreurs. En transmission numérique, les défauts sont plus facilement repérables et les équipements régénèrent plus facilement un signal parasité ou affaibli.
La deuxième raison tient au fait que l'on sait mieux traiter une information numérique. Ainsi, en utilisant les méthodes de multiplexage, de compression, l'acheminement des données se fait beaucoup plus rapidement. De plus le coût du matériel de traitement diminue considérablement.
Cette question est bien entendu la première que l'on se pose maintenant. La réponse tient en quelques mots : essentiellement pour des raisons financières. Lorsque les ordinateurs sont organisés en petits groupes fermés, l'infrastructure à mettre en place pour les relier est bien sûr numérique. Mais dès lors que les communications s'établissent sur de grandes distances, elles doivent empreinter l'infrastructure existante, qui est analogique. L'évolution se fait lentement vers le tout numérique, Numéris en est l'exemple prometteur.
Puisqu'il faut s'adapter à un monde fait de numérique et d'analogique, il faut savoir passer de l'un à l'autre. C'est essentiellement ce qui va se passer avec les modems. Faisons d'abord un point rapide sur les méthodes de conversion entre l'analogique et le numérique.
L'information de départ est représentée par un signal qui, si on le transforme en tensions électriques, peut prendre une infinité de valeurs (dans un intervalle fini, heureusement !) entre deux instants. Pour le transcrire dans un monde fait d'un nombre limité de niveaux significatifs, il faut le coder. Un des principes de codage les plus simples consiste à prélever à intervalle régulier la valeur de la tension, puis de la représenter en binaire sur 7 ou 8 bits. Le prélèvement est usuellement appelé échantillonnage et la fréquence d'échantillonnage correspond au nombre d'échantillons prélevés par seconde. Un codeur-décodeur prélève en général 8000 échantillons par seconde.
A l'inverse, la transformation d'une information numérique en analogique consiste à moduler un signal de base en fonction de cette information. C'est le rôle du modulateur-démodulateur (modem).
Considérons maintenant ce signal de base. S'agissant d'un signal analogique, c'est donc une sinusoïde dont la fréquence peut varier, dans le cas qui nous intéresse, de 1000 à 2000 hertz. C'est la porteuse. La modulation de ce signal va consister ensuite à en faire varier un ou plusieurs paramètres : la phase, l'amplitude ou la fréquence.
La modulation d'amplitude consiste à modifier l'amplitude de la porteuse, selon l'information binaire à transmettre. Par exemple une valeur de l'amplitude est attribuée au 0 et une autre au 1.
La modulation de fréquence correspond à la même notion, mais ici les deux valeurs sont représentées par des fréquences différentes.
Enfin, la modulation de phase, consiste à faire varier la phase de la porteuse, de 45, 135, 225 ou 315 degrés par exemple.
La rapidité de modulation caractérise la vitesse à laquelle ces changements s'effectuent. C'est la caractéristique essentielle qui permet de définir la bande passante.
Arrêtons-nous là un instant pour évoquer maintenant la notion de débit. Il est en effet facile d'imaginer pouvoir faire varier un signal à volonté, mais ce serait ne pas tenir compte de certaines caractéristiques physiques des supports qui nous contraignent fortement.
Une des valeurs caractéristique des supports de transmission est le débit maximum qu'ils peuvent supporter. Comment s'empêcher de comparer un support à une route. Le nombre maximum de véhicules qu'une autoroute est capable de supporter par heure est très supérieur à celui d'une route départementale (même si vous n'aimez pas les routes départementales, mais ceci est une autre histoire ...).
En ce qui concerne les supports de transmission, leur débit maximum est directement lié à la largeur de la bande passante. Chose promise, chose due, pas trop de mathématiques ici. Mais il est impossible de ne pas parler de deux valeurs fondamentales qui vont permettre de comprendre ce qui se passe avec les modems : ce sont le débit binaire maximum et la capacité de transmission maximale.
Sur un canal de transmission dont la bande passante est B, il est montré qu'un signal peut être entièrement reconstitué à l'arrivée, si on le transmet en prenant 2B échantillons par seconde. Le débit maximum s'écrit alors :
Dmax = 2B
Si, de plus, le signal peut prendre plus de deux valeurs significatives, la formule se généralise en :
Dmax = 2B log V
2
où V correspond au nombre de niveaux significatifs (ou états) que peut prendre le signal : c'est sa valence. Par exemple, V=4 si le signal peut prendre les valeurs +10 volts, +5 volts, -5 volts et -10 volts.
Ceci pour vous montrer qu'en théorie, sur une ligne téléphonique dont la bande passante est de 3000 hertz, le débit maximum est de 6000 bits/s avec deux niveaux significatifs (un pour le 0, un pour le 1), 12000 bits/s avec quatre niveaux, etc. Le débit maximum est théoriquement infini.
Un des inconvénients supplémentaires des supports est le bruit. Or la quantité de bruit présente sur une ligne s'exprime par rapport à la puissance utile du signal transmis : c'est le rapport signal/bruit. Plus ce rapport est grand, meilleure est la qualité. La capacité de transmission maximale est une fonction de ce rapport. Pour une ligne téléphonique, cette capacité maximale atteint 30000 bits/s. Cela signifie bien que sur ces lignes on ne peut transmettre à plus de 30000 bits/s
C'est bien une capacité maximale physique, à ne pas confondre avec des débits logiques après compression de données.quels que soient la valence et la fréquence du signal. C'est une limite au débit binaire maximum.
Le rôle du modem est d'adapter les signaux rectangulaires de données, que le réseau téléphonique ne peut pas transmettre tels quels, en signaux transmissibles par ce réseau.
Il a en fait deux fonctions :
Il tient donc exactement le même rôle fonctionnel qu'une couche de communication (TCP, par exemple). Il possède une interface permettant un dialogue avec un utilisateur se trouvant à un niveau supérieur. Ici il s'agit d'une interface physique (y compris électrique). Il communique avec une entité paire (un autre modem) selon un protocole.
La structure interne d'un modem est décrite ci-dessous :
+-----+ +--------+ +-------------+ +----------------+ | J +----->| codeur +-------> | modulateur +------>| | | O | +--------+ +-------------+ | | | N | | | | C | | transformateur | | T | | | | I | | ligne | | O | +----------+ +--------------+ | | | N |<-----+ decodeur |<------+ demodulateur |<-----| | +-----+ +----------+ +--------------+ +----------------+
Les paramètres caractérisant un modem sont :
Nous aborderons assez rapidement l'ensemble de ces paramètres, selon l'utilisation que nous aurons à en faire. La notion de débit devrait maintenant être assimilée.
Penchons-nous rapidement sur les modes et les supports de transmission utilisés. Voyons ensuite plus précisément le rôle d'adaptation du signal du modem, puis le dialogue qui met en jeu la jonction et la ligne.
Commençons par définir un vocabulaire commun.
Un avis est une recommandation édictée par l'U.I.T (Union Internationale des Télécommunications), organisation intergouvernementale compétente en télécommunications. Les avis ont valeur de norme au sein de l'Europe, puisque les organismes de Télécom nationaux ont encore le monopole. Les recommandations sont issues de travaux de diverses commissions d'études et sont adoptées lors des assemblées pleinières (délai de l'ordre de neuf mois, étant donné l'évolution rapide des technologies). La section Etat actuel de la normalisation décrit les différents avis actuellement en vigueur.
Dans sa normalisation, l'U.I.T définit l'équipement informatique comme un ETTD (Équipement Terminal de Traitement de Données) et le modem comme un ETCD (Équipement Terminal de Circuit de Données). La connexion d'un équipement informatique à un modem, par exemple, est réalisée par l'intermédiaire d'une jonction ou interface.
On appelle half-duplex (bidirectionnel à l'alternat), une transmission s'effectuant dans un seul sens à la fois. On appelle full duplex (bidirectionnel simultané), une transmission pouvant s'effectuer dans les deux sens en même temps. Ces transmissions peuvent avoir lieu indifféremment sur liaison 2 ou 4 fils.
Une transmission de donnée est toujours liée au facteur temps. Dans les transmissions en série qui constituent la majorité des transmissions, l'émetteur et le récepteur doivent travailler à la même cadence. Dans le mode synchrone, ils sont calés sur le même rythme grâce à des signaux d'horloge émis avant la transmission. Dans le mode asynchrone, l'horloge du récepteur n'est déclenchée puis arrêtée que sur réception de bits de début et de fin. On les appelle bits de start et de stop. Ce mode, bien que moins performant, est le plus utilisé actuellement dans les communications à travers le réseau public.
Un modem est utilisable principalement sur deux types de supports : le réseau commuté ou la ligne spécialisée. Sur chaque type de support, les liaisons peuvent être à deux ou quatre fils.
Dans le cas qui nous intéresse, le modem est relié au réseau téléphonique commuté et la liaison est à deux fils. Nous l'utilisons soit en half duplex, soit en full duplex selon l'avis (voir définition de ce mot au paragraphe Vocabulaire.
A ce propos, réfléchissons un peu sur l'utilisation qui est faite actuellement du Réseau Téléphonique Commuté (appelé aussi RTC). Nous l'utilisons bien souvent en full duplex sur liaison deux fils (avis V.32 ou V.34). Lorsqu'on utilise des lignes à quatre fils, il est facile d'imaginer que l'on consacre deux fils à chaque sens de transmission. Pour chaque sens, considérant les vitesses de modulations maximales possibles, on conçoit qu'il faut combiner plusieurs types de modulations pour obtenir des débits maintenant courants de l'ordre de 28800 bits/s.
Or le RTC n'utilise que deux fils. Pour travailler en full-duplex à des débits relativement faibles (en fait jusqu'à l'avis V22 bis), il était possible de partager la bande de fréquence en deux moitiés, une pour chaque sens. Avec les débits employés actuellement ce n'est plus possible. Pour travailler en full-duplex à d'importants débits, il est fait appel à des algorithmes complexes dits "de suppression d'écho" (proche et lointain). Imaginez le travail à réaliser : chaque modem reçoit les données envoyées par le distant mélangées à ses propres données. Le tout est encore pollué par de l'écho ! Et pour compliquer le tout, tout ceci varie dans le temps, et bien sûr d'une communication à l'autre.
Vous comprendrez donc qu'avec une telle utilisation du RTC, les modems soient continuellement soumis à rude épreuve pour ce qui est de la correction, ceci pouvant conduire à des débits variables selon le moment.
Nous avons vu aux sections précédentes ce qu'étaient une modulation et un débit. Rassemblons maintenant un peu toutes ces idées. Bien souvent, c'est sur ce point délicat que les esprits se perdent. Nous avons vu que la rapidité de modulation est une caractéristique essentielle de la bande passante. Plus cette rapidité est grande, plus la bande passante demandée est large. Sur le réseau téléphonique, la bande maximale officielle est de 3100 hertz (300 à 3400 Hz). Dans les centraux téléphoniques modernes, elle va jusqu'à 3500 Hz.
Pour bien comprendre le mécanisme de l'adaptation du signal, imaginez maintenant que nous disposions d'un appareil électrique capable d'émettre quatre niveaux de tensions possibles.
Les données à transmettre sont quant à elles toujours présentées sous forme d'un flot ininterrompu (ou presque) d'informations binaires.
L'idée serait de regrouper les bits deux par deux et de les faire passer par ce dispositif, afin d'obtenir en sortie le niveau de tension correspondant. Un tel signal en sortie est dit de valence 4. Plus généralement, la valence d'un signal est le nombre d'états qu'il peut prendre. Cette transformation du signal est appelée codage.
Afin d'adapter ce signal de sortie au support, il faut maintenant le moduler, par exemple en choisissant d'effectuer une modulation de phase. Etant donnée sa valence, nous avons besoin de quatre décalages de phase.
A chaque fois que deux bits se présentent, il est possible d'effectuer une modulation. A l'autre bout, l'équipement est capable de regénérer deux bits. Le débit (en bits/s) est donc bien double de la vitesse de modulation (exprimée en bauds).
Vous configurez un modem à 4800 bits par seconde (V.27 ter). Que va-t-il se passer ? Selon cette norme, le modem va réaliser une modulation de phase différentielle octovalente. Il va donc regrouper les bits par trois (tribits) pour moduler le signal. La vitesse de modulation est donc de 1600 bauds et le débit de 4800 bits/seconde. Pour obtenir un débit de 9600 bits par seconde, il faudra combiner un autre type de modulation. La section Débits et modulations présente l'essentiel des modulations utilisées dans les différentes normes actuelles.
L'adaptation du signal peut se faire de trois manières :
La rapidité de modulation s'exprime en bauds. Elle correspond au nombre de changements d'états du signal par seconde sur la ligne de transmission. Une rapidité de b bauds ne correspond pas forcément à b bits/s sur la ligne. Une configuration binaire (un ou plusieurs bits selon la valence) correspond à un état du signal.
Intéressons-nous maintenant au dialogue entre l'équipement informatique et la jonction.
La jonction spécifie les caractéristiques mécaniques, électriques et fonctionnelles des signaux. Bien entendu ces jonctions sont normalisées (voir plus loin les tableaux récapitulatifs sur l'état actuel de la normalisation) et celle qui nous intéresse plus particulièrement est référencée sous le nom V.24 par l'U.I.T, sensiblement équivalente de la norme RS-232C définie par l'E.I.A
Electronic Industries Association..
Voici une description des signaux de l'interface V.24 les plus couramment utilisés :
+------+-----------+-----------+--------+------+--------------------------------+
| Code | No broche | No broche | RS-232 | V.24 | Signification |
| | ISO 2110 | DB 9 | | | |
+------+-----------+-----------+--------+------+--------------------------------+
| 101 | 1 | | PG | TP | Terre de protection |
| | | | | | |
| 102 | 7 | 5 | SG | TS | Terre de signalisation |
+------+-----------+-----------+--------+------+--------------------------------+
| 103 | 2 | 3 | TD | ED | Emission de donnees |
| | | | | | |
| 104 | 3 | 2 | RD | RD | Reception de donnees |
+------+-----------+-----------+--------+------+--------------------------------+
| 105 | 4 | 7 | RTS | DPE | Demande pour emettre |
| | | | | | |
| 106 | 5 | 8 | CTS | PAE | Pret a emettre |
| | | | | | |
| 107 | 6 | 6 | DSR | PDP | Poste de donnees pret |
| | | | | | |
| 108 | 20 | 4 | DTR | TDP | Terminal de donnees pret |
| | | | | | |
| 109 | 8 | 1 | DCD | DS | Detection du signal de ligne |
+------+-----------+-----------+--------+------+--------------------------------+
| 125 | 22 | 9 | RI | IA | Indicateur d'appel |
+------+-----------+-----------+--------+------+--------------------------------+
Brochage des prises côté soudures :
+-----------+ +---------------------------------------+
| 5 4 3 2 1 | | 13 12 11 10 9 8 7 6 5 4 3 2 1 |
\ 9 8 7 6 / \ 25 24 23 22 21 20 19 18 17 16 15 14 /
`---------' `-------------------------------------'
DB 9 ISO IS 2110
Prenons deux postes de travail équipés d'un modem chacun et souhaitant communiquer.
Nous passerons rapidement sur le fait que les équipements doivent être reliés à la masse. Ceci est réalisé grâce au circuit 101. D'autre part, il est nécessaire de définir une référence de signalisation : c'est le rôle du circuit 102.
Dès sa mise sous tension, l'ETTD présente un état logique "1" sur le circuit 108 : Terminal de Données Prêt (DTR). Dès la mise sous tension de l'ETCD, celui-ci présente l'état Poste de Données Prêt (DSR) correspondant à un état logique "1" sur le circuit 107, assurant ainsi que le modem est sous tension et connecté à la ligne.
L'ETTD ayant des données à émettre, demande à émettre. Il présente sur la jonction l'information Demande Pour Émettre (RTS) sur le circuit 105. Ceci valide le modulateur de l'ETCD qui émet alors une porteuse.
Du coté appelé, l'ETCD détecte la présence de la porteuse sur la ligne de transmission et le signale à l'ETTD sur le circuit 109 : Détection de signal (porteuse). Les circuits 107 et 108 auront été initialisés au préalable comme ci-dessus.
L'ETTD ayant signalé son intention d'émettre sur le circuit 105 reçoit en réponse peu de temps après le signal Prêt À Émettre (CTS) sur le circuit 106.
Les données peuvent ensuite circuler via les circuits 103 et 104.
Lorsqu'un émetteur émet de façon systématique plus de données que le récepteur ne peut en accepter, il se pose alors un problème qui ne peut être résolu que grâce au mécanisme de contrôle de flux.
Le contrôle de flux peut être de différents types :
Le modem insère des caractères de contrôles dans le flot de données circulant entre l'ETCD et l'ETTD : XOFF pour arrêter l'envoi et XON pour le reprendre.
Généralement appelé CRTSCTS, il met en oeuvre l'emploi des circuits 105 (RTS) et 106 (CTS). Ce symbole est en fait le nom donné à la constante du fichier d'inclusion termios.h.
Le fonctionnement du contrôle de flux matériel pendant la transmission peut se résumer ainsi :
Avant d'émettre, le terminal doit lever son signal RTS (Request To Send). À partir de ce moment, le modem, s'il est en mesure d'émettre, lève le signal CTS (Clear To Send). Lorsque le buffer du modem est plein, le modem descend CTS. Il le remonte ensuite. Dans l'autre sens de transmission, lorsque le buffer du terminal est plein, le terminal descend RTS.
Maintenant, plusieurs questions se posent, et j'imagine que parmi celles que vous vous posez il y a :
Nous allons maintenant tenter de répondre.
Eclaircissons un peu les choses. Le dialogue que nous venons de voir concerne le dialogue théorique ETTD-ETCD et ETCD-ETTD sans se soucier d'éventuelles contraintes pouvant provenir du système d'exploitation. Il est toujours vrai. Néanmoins, il ne suffit pas forcément pour qu'une communication soit établie, notamment via le RTC. Nous allons étudier ce fonctionnement point par point en prenant un bon système d'exploitation (Linux, mais ce n'est qu'un exemple), un bon port série et du courage. Vous continuez ?
Tout d'abord, nous avons vu qu'une communication commençait toujours
par le premier échange DTR/DSR, ou si vous préférez
108/107. La montée du circuit 108 est réalisée sous
Linux à l'ouverture du port série (ex. fopen
("/dev/ttyS0", ...)). Cela se voit très bien sur un modem
externe, le voyant TR est allumé. La réponse du modem par le
circuit 107 est un peu différente. Dans la section
Le dialogue proprement dit, pour des raisons de
simplicité, nous supposions que le modem répondait sur le
circuit 107 après un délai très bref,
c'est-à-dire qu'il était instantanément
connecté à la ligne.
Cette réponse est maintenant conditionnée par la connexion à la ligne via le réseau téléphonique commuté.
En général, c'est juste après l'ouverture du port
série que le modem est initialisé. Cela se fait grâce
aux commandes AT que nous ne détaillerons pas. Simplement, ces
commandes sont envoyées au modem (par l'intermédiaire du
circuit 103) (ex. write sur le descripteur de fichier du
périphérique) et interprétées par lui,
lorsque :
L'une des commandes d'initialisation permet la composition d'un
numéro. Le modem décroche (eh oui, ce terme barbare veut
dire que suite à la fermeture du relais, le central local envoie une
tonalité à la fréquence de 440 Hz :-))
puis compose le numéro.
Sur l'équipement distant, le circuit 108 est également monté. Le modem appelé détecte l'appel. Le signal d'indication d'appel (circuit 125) est utilisé en interne pour mémoriser l'appel, le modem réalisant donc lui-même la connexion à la ligne. Cette mémorisation est maintenue par DTR (jusqu'à déconnexion).
À ce moment précis, le modem appelé répond en validant son modulateur qui émet la porteuse.
Le modem appelant, en état de décrochage et attendant la porteuse, met son émetteu